Religion et action publique

Cette thématique de recherche est encore exploratoire. Partant de l’approche fonctionnaliste comprenant l’économie comme substitut fonctionnel de la religion pendant la guerre froide, il s’agit de repenser l’indispensabilité anthropologique de la religion. Apportant un sens, une eschatologie et une organisation de la vie sociale, le marxisme apparut à l’époque comme une alternative plausible. Après l’effondrement du communisme soviétique, on observe une intrication de l’économie (libérale) et de la religion (protestante). Dans le domaine de la lutte contre la pauvreté, les instruments économiques sont chargés de considérations morales. L’aide est conditionnée à des preuves de mérite, inspirées du « duty« , du « thrift » ou du « self-help » calvinistes. En rassemblant les intuitions de Max Weber, Émile Durkheim, Karl Polanyi, Michael Walzer et Eric Voegelin, l’intrication du séculier et du sacré apparaît dans cette forme sociale appelée la « nécessité du travail ». De destinée spirituelle, il s’inscrit à différents de la société (moral, économique, administratif, politique…). La sécularisation du salut et la sanctification du succès économique sont deux dynamiques conjointes. Loin d’être sécularisées, les conceptions de la pauvreté et de la richesse, soutenues par des outils économiques, m’ont amenée à penser la trajectoire économique des individus comme le reflet profane d’un sentier de rédemption.

Activités scientifiques

« Economy as Functional Substitute to Religion », Journée d’études « Religion and Capitalism: A Special Relationship? », ENS de Lyon, 31 octobre 2014.

« Le prêche et l’intérêt. La variable religieuse dans les dispositifs de lutte contre la pauvreté à New York », communication au Congrès de l’Association française d’études américaines, « Religion et spiritualité », Université d’Angers, 22-25 mai 2013.

Co-organisation de la journée d’études « La variable religieuse dans les politiques publiques » avec Karim Amellal, Sciences Po Grenoble, 21 septembre 2010.